Approche thérapeutique
Hypnose clinique à Lausanne
L’hypnose occupe une place particulière dans ma pratique. Elle m’intéresse depuis longtemps parce qu’elle permet de travailler autrement avec l’attention, l’imagination, les sensations, le mouvement, la mémoire émotionnelle et les automatismes. Je l’utilise comme un véritable langage thérapeutique, parfois au centre d’une séance, parfois de manière très discrète au sein d’une psychothérapie plus large.
Une approche qui m’est particulièrement chère
Ce qui me plaît dans l’hypnose est précisément qu’elle ne demande pas toujours de tout comprendre intellectuellement avant que quelque chose puisse bouger. Certaines personnes analysent très bien leur fonctionnement et savent déjà pourquoi elles réagissent d’une certaine manière, sans que cette compréhension suffise à produire un changement. L’hypnose permet alors d’explorer d’autres voies : l’expérience corporelle, l’imaginaire, les associations spontanées, la perception du temps, la distance à une émotion ou encore la manière dont l’attention se fixe et se déplace.
Je ne travaille pas avec des scripts appliqués de manière identique à tout le monde. Une séance se construit à partir de la personne, de son langage, de ses images, de son rythme et de ce qui se passe réellement dans l’instant.
Qu’est-ce que l’hypnose clinique ?
L’hypnose est un état de conscience et d’attention particulier, mais elle n’est ni un sommeil ni une perte de contrôle. On peut entendre ce qui se passe, réfléchir, parler, bouger, ouvrir les yeux et interrompre l’expérience à tout moment. Certaines personnes ressentent une absorption profonde ; d’autres vivent quelque chose de beaucoup plus léger. Il n’est pas nécessaire d’atteindre un état spectaculaire pour qu’un travail thérapeutique soit utile.
En clinique, l’hypnose permet surtout de modifier la manière dont une expérience est vécue ici et maintenant : rapprocher ou éloigner une sensation, mobiliser une ressource, expérimenter une autre réponse, travailler avec une image, revisiter une situation avec davantage de sécurité ou laisser émerger des associations auxquelles la réflexion volontaire n’accède pas toujours facilement.
Comment peut se dérouler une séance ?
Une séance commence comme n’importe quelle consultation : nous clarifions ce qui vous amène et ce que nous cherchons à travailler. L’hypnose peut ensuite être proposée si elle paraît pertinente. Elle peut se faire assis, les yeux ouverts ou fermés, dans le silence ou dans un échange verbal continu.
Selon la personne et l’objectif, le travail peut mobiliser des images, des sensations corporelles, des métaphores, des souvenirs, des mouvements spontanés, une focalisation de l’attention ou au contraire un élargissement de la perception. Certaines expériences sont très calmes ; d’autres plus actives. La séance se termine par un temps de retour et de mise en mots de ce qui a été vécu.
Dans quelles situations l’utilise-je ?
- anxiété, tension interne et ruminations
- phobies, évitements et anticipation anxieuse
- régulation émotionnelle et sensation de débordement
- travail sur certaines réactions automatiques ou habitudes
- préparation à une situation difficile ou à une transition
- travail autour de souvenirs ou d’expériences émotionnelles lorsque le cadre est suffisamment sécurisé
- renforcement de ressources, sentiment de sécurité et confiance dans ses propres capacités
- moments où une compréhension très intellectuelle ne suffit plus à faire évoluer l’expérience
L’indication est toujours discutée individuellement. L’hypnose n’est pas une réponse universelle et je ne la propose pas lorsqu’une autre approche me paraît plus adaptée.
Hypnose, psychotraumatologie et EMDR
Je suis également formé en psychotraumatologie et en EMDR. Ces approches peuvent parfois se rencontrer, mais elles ne sont pas interchangeables. Avec une histoire traumatique, je privilégie d’abord la sécurité, la stabilisation et une compréhension précise de ce qui se passe. L’hypnose peut ensuite être utilisée pour travailler certaines ressources, sensations ou représentations, sans forcer l’accès à des souvenirs ni rechercher artificiellement une « mémoire cachée ».
Je reste particulièrement prudent avec l’idée qu’une image ou un souvenir apparu en hypnose constituerait nécessairement un fait historique exact. L’expérience hypnotique peut être profondément significative sans devoir être interprétée comme une preuve factuelle.
Hypnose, TCC et approche existentielle
Mon travail ne consiste pas à opposer les méthodes. La TCC permet de comprendre précisément les mécanismes qui entretiennent une difficulté et de travailler sur des changements observables. L’hypnose permet parfois d’entrer dans ces mêmes processus par une voie plus expérientielle. L’approche existentielle, elle, remet ce travail dans la trajectoire plus large d’une personne : ses choix, ses valeurs, ses limites, ses relations et la direction qu’elle souhaite donner à sa vie.
Je peux donc utiliser l’hypnose seule lorsqu’une demande s’y prête, ou l’intégrer à une psychothérapie plus globale sans mélanger indistinctement les cadres.
Une relation active, pas une prise de pouvoir
L’hypnose de spectacle a contribué à l’idée qu’un hypnotiseur ferait quelque chose « à » une personne. Ce n’est pas ma manière de travailler. En consultation, l’expérience se construit avec vous. Vous conservez votre jugement, vos limites et la possibilité de dire non. L’objectif est au contraire de développer davantage de liberté face à certains automatismes.
Il n’est pas nécessaire d’être particulièrement suggestible, de « croire » à l’hypnose ou de réussir une performance. La curiosité et la possibilité d’observer ce qui se passe suffisent généralement pour commencer.
Ma formation
Je suis psychologue spécialiste en psychothérapie FSP et psychothérapeute reconnu au niveau fédéral. Je me suis formé à l’hypnose clinique en Suisse romande et je suis membre de la Société Suisse d’Hypnose (SHYPS). L’hypnose s’inscrit dans une pratique clinique plus large comprenant notamment la thérapie cognitive et comportementale, l’approche existentielle, la psychotraumatologie et l’EMDR.
Je continue à me former régulièrement. L’étude des états de conscience, de l’attention et des processus imaginatifs reste l’un des domaines qui nourrit le plus ma curiosité clinique.